Encore un schéma de la longue traîne…

05.06.09

Le moment d’expliquer le principe de la longue traîne est toujours un passage un peu délicat lors d’un rendez-vous client. D’une certaine façon vous faites comprendre à votre interlocuteur qu’il est peut-être plus judicieux de cibler un ensemble de petites requêtes saisies une fois par an que de viser les expressions qu’il considère comme incontournables.

Il est alors fréquent de déceler un regard perplexe qui semble dire : “Attends, il est pas en train de nous embrouiller là?

longue-traine - david marbac - expert référencement naturel

Cette étape est particulièrement épineuse car c’est le moment où l’on vide le mot-clé de son sens commercial, pour l’humaniser et l’associer à un comportement de recherche.

Jusqu’à cet instant le mot-clé “immobilier” ou “assurance” désignait, pour votre client, le noyau dur de son activité. Il devient désormais une masse informe d’intentions ambivalentes.

Définition de la longue traîne

L’expression « longue traîne » a été inventé par Chris Anderson en 2006 dans son ouvrage “The Long Tail: Why the Future of Business Is Selling Less of More“. Il désigne un type particulier d’entreprises dont la majeure partie du chiffre d’affaire provient d’une infinité de petites ventes, comme Amazon (ou même Google avec son système de liens payants). Pour information, Henri Kaufman a traduit l’expression par « queue de la comète ».

La longue traîne sur le marché physique

Nous pourrions croire, par exemple, que le chiffre d’affaire de la FNAC provient en majorité de la vente de produits phares qui sont chacun achetés en très grande quantité. Hors, la FNAC propose des dizaines de milliers de produits et, en réalité, l’essentiel de ses bénéfices découle d’une multitude de petites ventes uniques sur des produits peu connus, qui, mises bout à bout, dépassent de loin les ventes des bestsellers.

La longue traîne sur le web

Sur internet, le principe est le même. En moyenne, 7O% du trafic d’un site provient d’un grand nombre d’associations de mots-clés très peu saisis.

Un nombre illimité de combinaisons

google générateur de mots-clé - marbac : consultant référencement

Pourquoi est-il préférable de cibler la longue traîne ?

Tout d’abord, il est essentiel de garder à l’esprit que de moins en moins d’internautes saisissent un seul mot-clé dans leurs recherches. La croissance exponentielle du nombre de pages Web et la meilleure maîtrise des moteurs de recherche expliquent ce phénomène. Cette évolution a pour conséquence logique un développement des combinaisons possibles des requêtes. Aujourd’hui, il est de plus en plus fréquent qu’un internaute saisisse directement 3 à 4 termes lors de sa première requête.

Quelques chiffres :

  • Un peu moins de 14% des internautes ne tapent qu’un seul mot lors de leurs recherches.
  • 60% des recherches intègrent 3 mots-clés ou plus. La tendance est même à l’augmentation du nombre de mots-clés par requête

Cibler une thématique donnée revient donc à cibler un nombre infini de requêtes possibles !

Trafic qualifié vs. trafic indifférencié

Ensuite, il est important de distinguer le trafic utile du trafic inutile

Plus un mot-clé est précis et en accord parfait avec vos offres ou produits, plus il est « qualifié », c’est-à-dire qu’il est susceptible de générer des visites de qualité sur votre site.

A l’inverse, un mot-clé générique ou trop commun est dit « indifférencié » car il ne traduit pas une recherche précise : Il est impossible de savoir ce que souhaite vraiment l’internaute et il est donc risqué d’investir sur lui. Un mot-clé générique ne peut pas être une cible à moins que vous ne possédiez un site également générique, et très exhaustif, qui a une chance de l’intéresser.

Il faut également avoir en tête le fait que souvent, une recherche trop générique donne lieu à une seconde recherche, plus spécifique. Sur des secteurs très concurrentiels, c’est précisément cette deuxième requête, plus qualifiée qu’il s’agit de cibler.

results

Cas concret : Il y a quelques mois de cela, l’un de nos clients « Floride », fabricant de mousse polyuréthane en Vendée, avait pour objectif d’être premier sur son nom de marque. Lors de notre premier entretien nous avons essayé de lui faire comprendre qu’il ne serait malheureusement JAMAIS en première page sur son propre nom.. mais que cela n’était au final que peu stratégique. Cette déclaration l’a fait sauter au plafond. “C’est important pour nous d’être placés en 1ère page pour que nos clients nous trouvent de suite !“. Effectivement en théorie, être en première place sur son propre nom, c’est la moindre des choses, mais en pratique…

Imaginez. Sur les 60 millions d’internautes qui, par mois, saisissent « floride » sur Google, combien recherchent au final de la mousse florale en polyuréthanne ? Si le client potentiel de la marque Floride saisit par négligence « floride » tout court, il aura vite fait de corriger son erreur  (“Ah oui c’est vrai c’est un état Américain aussi…“) et de saisir quelque chose comme « floride mousse » et le trouvera rapidement. Au final donc, aucun client de perdu.

La concurrence directe et la concurrence sémantique

Enfin, cibler la longue traîne permet d’écrémer la concurrence.

Imaginons que votre site soit un portail du sport amateur en région parisienne. Naturellement votre premier souhait serait de vous positionner sur le mot-clé « sport » qui est le terme emblématique de votre métier. Mais vous entrez alors en concurrence, non pas les concurrents de votre secteur, mais avec des concurrents sémantiques : plus d’un milliard de sites qui investissent des budgets colossaux pour être premiers sur le même mot-clé.

sport1

Alors que cibler un ensemble de termes spécifiques comme « faire du sport à Paris », “sport amateur Paris” ou “club de ju-jitsu à Issy” par exemple, sera beaucoup plus pertinent et rentable :

  • Concurrence moindre (donc investissement et délai de positionnement moindre)
  • Qualification certaine de l’internaute (accord parfait entre la recherche de l’internaute et vos contenus)
  • Possibilité d’être en première page, voire en première position

En résumé : moins de visites inutiles, et plus de visites rentables.

Un schéma stratégique progressif

Le référencement naturel est lent, très lent, et il fonctionne par paliers. Avant d’élargir votre visibilité sur des termes génériques, il est important d’abord d’asseoir vos positions sur des occurrences très ciblées, en relation directe avec vos contenus, les services ou produits que vous proposez.

Plutôt que de se lancer à corps perdus sur des termes hyper concurrentiels et trop génériques sur lesquels vous n’aurez aucune chance  d’être présents, concentrez vos efforts sur des requêtes ciblées et qualifiées.

Par exemple, avant d’être premier sur « fenêtre », soyez d’abord premier sur « fabricant fenêtre », et avant cela, soyez en pôle position sur « fabricant fenêtre pvc». Et pour commencer, visez bas : « fabricant fenêtre pvc à Nantes ».

C’est en travaillant sur des requêtes très précises auxquelles vous aurez une réponse adaptée que vous augmentez vos chances d’être présent sur un terme générique.

Une stratégie éditoriale globale

Je site l’agence Dixxit :

« limiter le travail de référencement à 30 mots-clés c’est ignorer 80% du trafic [..] Le nombre de saisies sur une thématique donnée étant quasi-illimitée, il est important de concevoir son contenu de manière beaucoup plus exhaustive. [..]“

La plupart des requêtes de longue traîne étant totalement imprévisibles (exemple : “comité balle au tambourin pour femme à Juvizy” ) il vaut mieux donc de pas tenter de les comptabiliser. Au contraire, partez d’une liste restreinte de termes-clés stratégiques (ceux qui sont saisis en majorité) et contentez vous de développez votre contenu de manière à répondre aux attentes des internautes cibles. Vous ne serez jamais assez précis, ni assez exhaustif.

La visibilité est une question de mots. Concevez donc votre contenu de manière beaucoup plus large afin d’intégrer une grande diversité d’expressions clés différentes. Le but n’étant pas, encore une fois, de tartiner pour les moteurs, mais de développer votre contenu de manière proactive et réfléchie.

Comparez votre site à vos concurrents sémantiques. Demandez-vous comment vous pouvez faire mieux. Mettez-vous dans la peau  de vos utilisateurs. Répondez précisément à leurs attentes et demandez-vous ce qui pourrait vraiment les intéresser, bref, prenez le temps de vous intéresser à eux !

Donnez et vous recevrez.

 

25 commentaires »

  1. Pour un article intitulé “encore un schéma de la longue traîne”, je trouve qu’il est bien réussi et que ce schéma supplémentaire mérite sa place parmi ce qui existe déjà. Tout comme l’article par ailleurs qui est complet, richement illustré et agrémenté de textes pertinent pour tout comprendre facilement.
    Excellent continuation. ;)

    Commentaire par Funnycat — 06.06.09 @ 11:13

  2. [...] suite de l’article : http://www.davidmarbac.com/blog/longue-traine/ [...]

    Ping par Encore un schéma de la longue traîne… | traffic-internet.net — 08.06.09 @ 7:27

  3. David, ton schéma de la longue traine est le plus clair et le plus pertinent que j’ai vu jusqu’à maintenant.

    Commentaire par Jonathan Métillon — 08.06.09 @ 8:52

  4. Merci, pour cet article, il définit très bien la longue traine et présente tout aussi bien ses enjeux, personnellement j’y vois plus clair! :)

    Commentaire par GARCIA — 08.06.09 @ 9:44

  5. Merci David pour cet excellent “schéma” de la longue traîne. Un article à lire et à relire !

    Commentaire par Hédin Luc — 08.06.09 @ 9:58

  6. Je croyais savoir à peu près ce qu’était la longue traîne, maintenant je suis sûr de savoir ce que cela recouvre vraiment.

    La conclusion de l’article insiste sur les fondamentaux : on fait un site pour les visiteurs, pas pour les moteurs…

    Merci pour cet article simple, compréhensible et pertinent :-)

    Commentaire par DidierK — 08.06.09 @ 16:07

  7. Le paradoxe (pour le chapitre 3 par exemple) c’est que sur certains marchés de niche, le secteur est tellement spécialisé, que les internautes n’hésitent pas à taper un seul mot clef, voir deux au maximum. De la même manière c’est dur pour le marchand de travailler sa longue traine étant donné la non-pertinence des autres requêtes…

    Dans ce cas, si le secteur n’est pas trop concurrentiel, il peut être intéressant de travailler sur les mots clefs généraux…

    Vous êtes vous déjà retrouvé face à cette situation ?

    (ps: bel article au passage)

    Commentaire par Buddy — 09.06.09 @ 14:46

  8. Bonjour,

    Par définition, un terme de longue traîne ne peut pas être non-pertinent étant donné qu’il est hyper spécialisé… Le problème vient surtout du fait que chez des petits marchands, les contenus sont souvent assez pauvres (on ne va faire cinq pages sur ce que signifie “une porte-fenêtre en aluminium” !), néanmoins il faut penser aux pages d’atterrissage de ces requêtes qualifiées.

    Celui qui saisit ” porte-fenêtre en aluminium” s’attend à trouver une page où on lui parle bien de “porte-fenêtre en aluminium” ce qui signifie que notre petit marchand sera de toute façon obligé de faire une page par catégorie de produit, et pour être mieux référencé il devra faire également une page par produit en détaillant chacun au maximum, ex : “porte-fenêtre en aluminium isolation thermique”, “porte-fenêtre en aluminium double vitrage”, etc.

    Commentaire par David — 09.06.09 @ 15:24

  9. Encore un schéma de la longue traîne… | Blog de David Marbac :: Consultant référencement & Webdesigner…

    En moyenne, 7O% du trafic d’un site provient d’un grand nombre d’associations de mots-clés très peu saisis, et très important, qui convertissent !…

    Rétrolien par pligg.com — 25.06.09 @ 9:47

  10. Vraiment, vraiment très complet sur cette notion relativement complexe à expliquer à des clients en général.

    Commentaire par Agence eMarketing — 25.06.09 @ 14:37

  11. Encore un schéma de la longue traîne… | Blog de David Marbac…

    Le moment d’expliquer le principe de la longue traîne est toujours un passage un peu délicat lors d’un rendez-vous client. D’une certaine façon vous faites comprendre à votre interlocuteur qu’il est peut-être plus judicieux de cibler un en…

    Rétrolien par SEO.Social-bookmark.me — 02.07.09 @ 7:22

  12. Salut,

    il est énorme ton schéma, j’en avais trop marre de faire la démonstration aux clients en mettant opposition des requêtes comme CD ou encore Briney Spears VS des choses plus pointues comme Jazz-harmonique-sur-les-bords-de-la-vienne-par-le-groupe-philarmonique-de-l-amicale-des-boulistes-vol-8.

    Merci ;)

    Commentaire par Julien — 29.07.09 @ 9:24

  13. [...] Ce principe de la deuxième recherche plus spécifique  est également valable dans le cas de termes trop génériques (et donc polysémiques et concurrentiel) sur lesquels il n’est pas toujours utile de s’essouffler pour le prestige.  Voir à ce propos un autre article sur le principe de longue traîne en référencement naturel. [...]

    Ping par Douce France : Les difficultés du référencement sur le nom de marque | Intuiti Inside — 19.05.10 @ 9:43

  14. Très schéma qui me donne des idées afin de le réadapter.
    Mais il ne faut pas non plus négliger les mots clés stratégiques en ne faisant que de la longue traine.

    Commentaire par Recrutement commercial — 20.05.10 @ 10:35

  15. Article intéressant! J’avais également rédigé un article sur la longue traîne sur mon blog tout récemment! J’aimerais savoir comment tu l’exploites dans ton travail? Comment prépares-tu tes listes de mots clés pour coller à la longue traîne? Car ce concept est inexploitable dans sa globalité. Il faut tout de même coller aux attentes des internautes. Je préciserais que en référencement, la long tail est composée de quelques déchets (fautes d’orthographes, mauvaises associations…)

    Commentaire par BreiZh SEO, Réf nat et longue traîne — 20.05.10 @ 21:31

  16. J’oubliai de rajouter : “En résumé : moins de visites inutiles, et plus de visites rentables.” J’aime appelé ça la visibilité utile. Je trouve que c’est un terme qui colle bien à la réalité des choses plutôt que rentable. ;-)

    Commentaire par BreiZh SEO, Réf nat et longue traîne — 20.05.10 @ 21:33

  17. Belle présentation de la longue traine…
    Bravo

    Commentaire par SERRA — 31.05.10 @ 15:59

  18. Un article très intéressant!
    La stratégie de niche se fait même sur les mots-clefs actuellement!
    On pourrait dire: cibler un mot-clé de niche permet même aux petits budgets d’être présents devant des leaders qui dépensent des fortunes pour être parmi ceux qui sont sur la première page des fameux moteurs de recherche!

    Merci pour cet article .. je partage :)

    Commentaire par Webmarchand — 08.06.10 @ 10:46

  19. Très bien rédigé. Merci.

    Commentaire par webmarketing — 09.06.10 @ 1:18

  20. [...] il faut connaître la théorie de la Longue Traîne (ou Long Tail). Voici ce que ce site en dit: « L’expression « longue traîne » a été inventée par Chris Anderson en 2006 dans [...]

    Ping par Communication et organisation | Blog | Cours #7 ! — 07.11.10 @ 17:50

  21. [...] il faut connaître la théorie de la Longue Traîne (ou Long Tail). Voici ce que ce site en dit: « L’expression « longue traîne » a été inventée par Chris Anderson en 2006 dans [...]

    Ping par Communication et organisation | Blog | Cours #9 (hiver 2011) — 12.03.11 @ 20:08

  22. [...] source [...]

    Ping par Le déclin annoncé du SEO et du SEM | Blog de Régis Vansnick — 06.11.11 @ 15:45

  23. [...] il faut connaître la théorie de la Longue Traîne (ou Long Tail). Voici ce que ce site en dit: « L’expression « longue traîne » a été inventée par Chris Anderson en 2006 dans [...]

    Ping par Communication et organisation | Blog | Cours #8 (automne 2011) — 18.11.11 @ 17:37

  24. [...] (Source : David Marbac) [...]

    Ping par Comment Google a tué la longue traîne | Stratégie Média — 19.12.11 @ 1:43

  25. Ce qu’il ne faut pas oublier avec la longue traîne, c’est qu’elle est en constante évolution et croissance en référencement naturel : 20 à 25% des requêtes tapées par les internautes sont nouvelles, et intègrent pour la plupart cette fameuse longue traîne.

    Donc même si on se base sur le fait que certains secteurs d’activités ne nécessite qu’un ou deux mots, il y aura encore et toujours des requêtes longues et pertinentes pour le business.

    Cf l’article sur SeoMix : la longue traîne

    Commentaire par Confridin — 26.12.11 @ 16:16

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