Super footer ou super menu?
La vulgarisation des principes de base d’utilisabilité, notamment en termes de navigation et de rubriquage, a conduit de nombreux concepteurs de sites à privilégier des zones de navigation secondaires, plus simples et mieux structurées.
Les super footers
Très utilisé les premières années du web, puis abandonné, le footer (pied de page) semble avoir repris ses lettres de noblesse aujourd’hui, notamment sur les sites grand public. Les webmasters ont compris leur double utilité à la fois pour l’ergonomie et pour le référencement.
Il est désormais de plus en plus fréquent de trouver ce type de footers géants mais parfaitement structurés :

Footer Symbian

Footer CNET News

Footer L’étudiant
Cette nouvelle génération de super footers, apparentés à des mini plans de site, a pour but de répondre à plusieurs objectifs :
- Permettre aux robots d’exploration d’indexer efficacement l’ensemble des pages du site
- Donner aux utilisateurs et aux robots un accès direct vers les pages profondes (navigation transversale)
- Optimiser le maillage interne en intégrant des termes-clés dans les intitulés de lien
- Présenter à l’internaute une image mentale du site et de son arborescence
Particulièrement adaptés pour les sites très denses présentant un grand nombre de pages, ces super footer servent également de zone de navigation périphérique lorsque la page est longue verticalement. Cela permet à l’internaute, une fois arrivé en bas de la page, d’accéder aux principales rubriques sans remonter jusqu’au menu de navigation situé tout en haut.
Un système de rangement compréhensible par tous
La structuration des rubriques est l’un des éléments les plus délicats à réaliser pour un concepteur. Entre la segmentation marketing de la société et sa terminologie produit, la structuration logique d’un point de vue utilisateur, et quelques règles d’ergonomie - parfois contestables - la mise en œuvre du rubriquage peut devenir un véritable casse tête.
La règle des trois-clics
Il y a quelques années par exemple, la plupart des webdesigners ne jurait que par la sacro-sainte règle des trois clics, selon laquelle, un internaute doit pouvoir accéder à ce qui l’intéresse en moins de trois clics successifs. Cette règle est aujourd’hui relativement tombée en désuétude, car comme Jokob Nielsen le fait remarquer : “Il vaut mieux 4 clics simples que 3 clics compliqués“. Cela étant dit, si les internautes ne peuvent accéder à leur contenu qu’au bout de 7clics - même très simples - c’est peut-être qu’il y a quelques éléments à revoir…
Le chunking
Le principe de chunking de George Miller, tiré des sciences cognitives, établit que pour faciliter la mémorisation à court terme ou empan mnésique, il est préférable de découper les éléments d’un groupe en petits paquets d’information ou “chunk“ de 5 à 7 items maximum. Appliqué au web ce principe signifie donc qu’il vaut mieux limiter le nombre de rubriques dans un menu afin de simplifier le traitement de l’information par l’internaute. Ainsi, si le site propose 14 rubriques différentes il est donc plus judicieux de réaliser deux menus différents de 7 rubriques chacun.
Les limites des menus déroulants classiques
Souvent peu esthétiques, difficiles à manipuler (si l’on essaye de circuler en diagonale le menu déroulant disparaît) et bien souvent assez peu explicite, le menu déroulant classique tend à disparaître.
Les internautes supposent souvent que la distance la plus courte entre deux points est la ligne droite. Avec des menus à plusieurs niveaux, ils ont tendance à faire glisser la souris en diagonale pour accéder aux sous-menus, ce qui a pour conséquence de faire disparaître le menu. Frustrés ils doivent recommencer. Jakob Nielsen, Site Web : priorité à la simplicité. Campus Press, 203.
Celui du site de Douce France est un exemple caractéristique d’utilisation maladroite de menu contextuel. Le principe du chunking est certes respecté, mais comme le montre cet enchaînement de menus, il peut être pénible, voire extrêmement aventureux, d’accéder à certains des contenus du site :

Menu déroulant sur le site Douce France
Une personne recherchant des découpes de dinde (si tenté qu’il en existe) peut ne pas penser à aller trouver cette page dans le menu « les incontournables », lui-même à l’intérieur d’un autre menu peu signifiant « simple à préparer ». L’internaute risque même de ne pas penser à survoler cet intitulé et de passer à coté de la page.
Pour n’importe quel internaute, ces regroupements ne sont pas suffisamment intuitifs ; ils ne laissent pas deviner précisément quels sont les items du groupe. Autre exemple, le nom des rubriques « à cuisiner » et « simple à préparer » sont trop proches sémantiquement et trop peu explicites.
Je ne sais plus exactement qui a dit “Au moment où l’on range, on finit inévitablement par cacher des choses“, mais cette phrase semble criante de vérité sur cet exemple.
Les super menus
Idéalement, l’utilisateur devrait avoir toutes les pages du sites affichées et accessibles en permanence sur l’ensemble du site, afin qu’il repère d’un coup d’œil ce que le site propose et où il peut trouver ce qu’il recherche. En même temps, il ne faudrait pas qu’il passe pas trop de temps à consulter les menus. L’abondance d’information étant finalement aussi nuisible que le déficit.
La généralisation de nouveaux menus contextuels géants permet d’apporter une solution à cette problématique : l’environnement initial n’est pas saturé d’information mais les menus, une fois déroulés, offrent à l’utilisateur une cartographie claire et structuré de l’arborescence.
Sony a par exemple lancé récemment son nouveau site où l’on voit simplement trois rubriques en tout et pour tout sur la page. La navigation entre les différentes sous rubriques s’opère via un menu déroulant géant qui remplit près la moitié de la page, dans lequel chaque section est agrementée d’un visuel et d’une description :

menu de navigation Sony
L’idée était osée mais elle fonctionne parfaitement (encore faut-il avoir du très haut débit, le menu étant relativement long à charger).
Autre exemple, celui du site d’Id Maison :

menu de navigation Id maison
Moins esthétique que celui de Sony, ce système me semble néanmoins très intéressant pour le sites présentant un grand nombre de gamme et de produits. Il permet en outre de pouvoir être facilement administré (ajout de nouveau produit, suppression d’une gamme, etc.). Le désavantage étant que l’internaute arrivant sur le site via une page interne n’identifie pas rapidement dans quelle rubrique il se trouve.
Conclusion
L’idée de proposer un méga footer ou un méga menu déroulant (ou les deux) me semble être finalement qu’un bonus et ne saurait remplacer un système de navigation réellement pensé pour l’internaute cible, surtout lorsque la marque est peu connue.
Exemple concret : Une société proposant à la fois du dallage, des couvertures, des systèmes d’isolation et des panneaux solaires ne pourra se contenter d’un simple intitulé “produits” comme le fait Sony. En revanche, une fois les 4 rubriques bien identifiées dans le menu, un menu plus développé comme celui d’idées maison pourrait être mis en place. Un super footer dépliant l’ensemble des catégories et produits me semble être un complément idéal. Enfin, un module de recherche soigné fournira aux utilisateurs une navigation alternative.



Franchement, niveau ref c’est super intéressant après la question est de toujours trouver la limite car les super footers et/ou super menus, on va pas se mentir, bien plus que l’internaute, l’intérêt est clairement pour le ref non ?
Regardez par exemple celui du site Automoto !
http://www.automoto.fr/
Ceci dit, j’aime bien le design…
(ce qui est plus élégant tout de même que des monstre discounts comme cdiscount non ?)
A bon entendeur.
Commentaire par Agence communication Publika — 02.03.09 @ 11:31
Pas si sûr que l’intérêt ne soit que pour le référencement. En tout cas je suis persuadé que ça n’est pas si efficace que ça : les listes de liens sans contenu éditorial ne sont pas autant valorisés que les liens contextualisés et les footers sont présents sur toutes les pages ce qui amoindrit leur pertinence aux yeux des moteurs. C’est un plus certes pour l’indexation et le confort d’utilisation, et puis si ça sert véritablement le référencement, on en va pas s’en plaindre !
Commentaire par David Marbac — 02.03.09 @ 12:04
Ça aide pour l’indexation des pages sans aucun doute, mais pas vraiment pour leur positionnement Google privilégiant de plus en plus les liens dans le contenu, à cause de dérives de footers créés uniquement pour le SEO. Arrive-t-il à faire la différence entre un footer pro-utilisateur et un footer pro-SEO ? Rien n’est moins sûr…
Commentaire par Micimmo — 02.03.09 @ 17:20
Intéressant votre article, c’est un point souvent négligé dans le référencement, les exemples que vous montrez montrent tout l’intérêt du maillage (et Automoto aussi…).
Un point me semble important à souligner, le travail de “page rank sculpting” (désolé pour l’anglicisme mais je ne vois pas de traduction compréhensible) est indispensable pour aller plus loin encore, sous peine de perdre de l’importance au niveau des pages de contenus utiles…
Commentaire par David E — 03.03.09 @ 17:23
Effectivement, on entend de plus en plus cette notion de “page rank sculpting” ou “siloing” (ou encore “bot herding”) mais il me semble que c’est accorder beaucoup d’importance à cette petite barre verte (qui est finalement assez rarement synonyme de bon référencement !). Trop facile à réaliser, trop calculée, cette technique tient plus de l’artifice selon moi… et risque de nous éloigner de ce qui est vraiment pertinent…
Commentaire par David Marbac — 03.03.09 @ 17:48
Super footer ou super menu? | Blog de David Marbac :: Consultant référencement & Webdesigner…
De nos jours, la mode est à l’optimisation du pied de page (footer) d’un site web, une méthode intéréssante a la fois en termes d’ergonomie et de référencement….
Rétrolien par pligg.com — 25.06.09 @ 9:49